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AFRIQUE DE L’OUEST – Les Bissau-Guinéens appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président
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2424.mg Actualité & Reportages

30 août 2026

AFRIQUE DE L’OUEST – Les Bissau-Guinéens appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président

Les Bissau-Guinéens vont aux urnes ce dimanche pour se prononcer sur une nouvelle Constitution qui prévoit de transformer le régime semi-parlementaire en un régime présidentiel renforcé. Le texte soumis à référendum donne notamment au chef de l’État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le […]

Les Bissau-Guinéens vont aux urnes ce dimanche pour se prononcer sur une nouvelle Constitution qui prévoit de transformer le régime semi-parlementaire en un régime présidentiel renforcé. Le texte soumis à référendum donne notamment au chef de l’État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement.

 

La question soumise aux électeurs est formulée ainsi : “Êtes-vous d’accord sur l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ?”. Les électeurs doivent répondre par “oui” ou par “non”. À Bissau, les bureaux de vote ont ouvert vers 7 heures et doivent fermer à 17 heures.

 

La principale modification proposée par le nouveau texte concerne l’organisation des pouvoirs exécutif et législatif. Le système actuel, de type semi-parlementaire, prévoit notamment un Premier ministre issu de la majorité parlementaire. La nouvelle Constitution prévoit de transférer davantage de prérogatives au président de la République. Celui-ci pourrait nommer et révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais également dissoudre le Parlement.

 

Les autorités de transition présentent cette réforme comme un moyen de mettre fin aux conflits récurrents entre la présidence et le gouvernement et de renforcer la stabilité institutionnelle. Le texte a été adopté en janvier 2026 à l’unanimité par le Conseil national de transition (CNT), dont les 65 membres ont été nommés par les autorités militaires de transition dirigées par le Général Horta N’Tam.

 

Le projet est toutefois contesté par une partie de la classe politique et de la société civile, qui dénoncent une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président. Le PAIGC, parti historique de l’indépendance de la Guinée-Bissau, a appelé au boycott du référendum, dénonçant son organisation dans un contexte de “restriction des libertés publiques”.

 

La Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme a également critiqué le projet. Son président, Abubacar Ture, estime que le régime présidentiel voulu par les autorités de transition risque de concentrer “tous les pouvoirs entre les mains d’un seul homme”.

 

Le référendum intervient dans un contexte politique particulier. La Guinée-Bissau est dirigée par des militaires depuis le 26 novembre 2025, lorsque le processus électoral a été interrompu à la veille de l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle et des législatives. Le scrutin constitutionnel doit précéder la présidentielle annoncée pour le 6 décembre 2026, qui doit marquer le retour des civils au pouvoir.

 

Ancienne colonie portugaise d’Afrique de l’Ouest, la Guinée-Bissau est marquée par une forte instabilité politique depuis son indépendance en 1974, avec cinq coups d’État et de nombreuses tentatives de putsch.

 

Avec AFP

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